Dernière mise à jour : 22/09/2013 | |
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Vous pouvez aller voir les photos
et la description des travaux peu respectueux du parc et de
son patrimoine qui se sont réalisés depuis le
début de l'année 2008, dans la partie du parc
devenue propriété de la commune, malgré
les remarques faites, tant par les services de l'Etat et le
Conservatoire Botanique, que par nous
mêmes.
La gestion des tulipes n'ayant pas été très respectueuse de leur caractère patrimonial d'espèce protégée, la Préfète de Seine-et-Marne a envoyé à M. le Maire d'Ozoir-la-Ferrière un rappel à la loi que vous pouvez télécharger après la description des faits, qui concernent aussi la gestion de la biodiversité dans le parc de la Doutre Ou lire la description des lieux ci-dessous. | |
Le parc du château de La Doutre se trouve tout près de l'église, dans le centre de la ville d'Ozoir-la-Ferrière. C'est un parc entouré de murs et d'une superficie d'environ 9 ha. Le parc est traversé par le ru de la Ménagerie, qui y flâne dans des bassins rectangulaires. Au milieu de ces bassins se trouve un pont qui fait face à une allée aboutissant avenue du Général de Gaulle. Une allée de Tilleuls mène vers le nord, et permettait, avant l'urbanisation du secteur, de rejoindre les champs associés à la ferme devenue centre culturel de la commune. Une autre allée, orientée est-ouest, mène du bois de la Source au rond-point de la ferme du Presbytère (récemment disparue). C'est une allée monumentale rectiligne d'une longueur de plus de 300 mètres, de Marronniers à fleurs blanches, longeant les bassins où passe le ru de la Ménagerie, pour l'agrément du promeneur. | |
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Le château est situé au centre relatif du domaine et est orienté Est-Ouest. La façade ouest donne sur le portail principal, qui s'ouvre sur l'avenue de La Doutre. |
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Du côté est le château donne sur une grande prairie dans le fond de laquelle se trouve un parc à l'anglaise, planté d'arbres d'essences diverses. |
On dit que le Cèdre du Liban (Cedrus libani) qui se trouve dans le parc du château de La Doutre, aurait été rapporté d'Angleterre par Bernard de Jussieu en 1734, en même temps que celui qu'on peut voir au Jardin des Plantes de Paris. La légende dit que Bernard de Jussieu a rapporté deux Cèdres dans son chapeau, mais d'autres disent que son chapeau en aurait contenu trois ou quatre ! En tout cas le chapeau de Bernard de Jussieu aurait été bien grand si il avait contenu tout les cèdres qu'on lui attribue ! Celui du parc du château de La Doutre est sans doute un descendant des Cèdres rapportés d'Angleterre en 1734.
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La circonférence de son tronc est de 4,5 m, et la tempête de 1999 l'a à peu près épargné.
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Le château et son parc datent de 1732, selon le Ministère de la Culture. Il a probablement été réalisé par la famille Mellerio. L'histoire de cette famille, d'origine Lombarde, est connue à partir de 1613, lorsqu'un arrêt du Conseil d'Etat du Roy leur accorde le privilège d'exercer librement et sans contrainte leur métier de joaillier en France. Ils étaient fournisseurs de la famille royale. Ce qui est certain c'est que Jean-Baptiste MELLERIO (1765-1850) était propriétaire du château et de la ferme de La Doutre, puisqu'il louait 48 ha de terres agricoles à M. DELAMARE, en 1834, selon l'acte ci-dessous. | |
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Cet abreuvoir, qui existe toujours, se trouve du côté de l'avenue de La Doutre. C'était l'abreuvoir de la ferme de La Doutre. |
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En rive gauche des bassins où passe le ru de la Ménagerie une monumentale et rectiligne allée de Marronniers parcourt toute la longueur du parc. En son milieu un élégant pont permet de rejoindre la prairie qui se trouve à l'est du château. Ces cartes postales, postées en 1907, montrent également une colonne surmontée d'une statue, qui ont aujourd'hui disparu, comme beaucoup d'autres petits éléments du patrimoine du parc. Mais nous savons maintenant où se trouvent ces petits éléments du patrimoine. |
Dans les années 1980, cette allée de Marronniers avait fière allure et était encore entretenue correctement. |
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Puis s'écoulent presque
trente années, au cours desquelles le château
et son parc changent de propriétaires, les derniers
n'assurant plus aucun entretien du parc et des arbres, la
végétation se développe, envahit les
allées, les arbres ne sont plus
élagués. Les petits éléments du
patrimoine, colonnes, statues ... sont
dispersés.
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Le temps passe, puis le château et son parc se réveillent. Le parc est séparé en deux, la fin de l'histoire ne peut encore être écrite, il va falloir attendre encore un peu. Nous ne parlerons donc pour le
moment que de la partie du parc devenue
propriété de la commune au second semestre
2007. Cette partie du parc se trouve en rive gauche des
bassins où coule le ru de la Ménagerie, entre
ces bassins et la rue du Général de Gaulle,
soit un peu moins de 1,5 ha.
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Le R.E.N.A.R.D. a commencé, en janvier 2007, à la demande de la S.C.I. "European Campus Sainte Thérèse", propriétaire de la partie privée du parc, un inventaire naturaliste et paysager du parc du château de la Doutre, destiné à évaluer la qualité des écosystèmes à l'intérieur des murs du parc. Cette évaluation rentre dans le cadre de la charte Haute Qualité Environnementale de l'ensemble du projet. La S.C.I. "European Campus Sainte Thérèse" marque sa volonté de réaliser les travaux de mise en valeur des bâtiments et du parc dans le respect de leur qualité et de leur intérêt patrimonial et naturaliste. C'est pour ces raisons que la S.C.I. "European Campus Sainte Thérèse" a demandé au R.E.N.A.R.D. un inventaire naturaliste et paysager du parc du château de La Doutre. Les conclusions et propositions de notre étude serviront pour préciser les mesures de gestion et de mise en valeur de ces espaces. | |
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L'allée des Marronniers se trouvait alors encombrée de broussailles et de branches tombées au cours des années, et lors de la tempête du 26 décembre 1999. |
Les membres du R.E.N.A.R.D. qui participaient aux relevés botaniques avaient remarqué dès la fin janvier la présence de feuilles de Tulipes, autour de plusieurs Marronniers de l'allée. Une détermination précise à pu être faite, le 18 avril 2007, lorsque la plante était encore en fleur. |
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| La floraison avait été précoce cette année, les fleurs étaient défraîchies. Néanmoins le R.E.N.A.R.D. a pu déterminer avec certitude le nom de l'espèce. Il s'agit de Tulipa sylvestris ssp. sylvestris espèce protégée par la loi sur tout le territoire national. Cette découverte a aussitôt été signalée au Muséum National d'Histoire Naturelle et figure maintenant dans les inventaires. En effet il n'est connu actuellement que quatre stations de cette espèce protégée dans tout le département de Seine-et-Marne. |
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Dès que le R.E.N.A.R.D. est
informé de prise en charge par les services de la
commune de la partie du parc du château de la Doutre
entre les bassins et l'avenue du Général de
Gaulle, le plan ci-dessous a été envoyé
à la commune le 10 août 2007. Le
repérage précis de toutes les stations de
Tulipes du parc de La Doutre était demandé
depuis le 12 juin 2007.
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Le 24 juillet 2007, M. le Maire nous écrivait en nous communiquant une étude phytosanitaire des arbres du parc de la Doutre, et en nous demandant notre avis. | |
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Au début du mois de septembre, la commune commençait des travaux de dégagement de l'allée de Marronniers, de façon adaptée aux milieux naturels concernés. Nous avons parcouru, à plusieurs reprises, en compagnie d'élus et de services de la commune, l'allée de Marronniers et ses environs, pour observer les arbres et confirmer ceux qui, étant dangereux, devaient être abattus pour des raisons de sécurité. |
Ces visites se sont déroulées, à plusieurs reprises, notamment le 2 août, le 17 septembre 2007. Le 10 octobre 2007 l'automne commençait à colorer les feuillages. Au cours de ces parcours nous avons agréablement échangé sur la protection de l'allée, des arbres et du paysage, mais aussi de la flore et de la faune et des Tulipes. Nous avons, par exemple, demandé que le lierre qui ornait les arbres (et ne les parasite pas) soit conservé à cause de l'ambiance qu'il lui donnait. |
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| Pendant que les premiers arbres étaient abattus, sans atteinte ou destruction des sols et des arbres qu'il était prévu de conserver, une visite était organisée avec le Conseil d'Architecture d'Urbanisme et d"Environnement de Seine-et-Marne, en compagnie d'élus et des services de la commune. Des échanges et réflexions ont eu lieu sur l'aménagement du parc, ces échanges ont abouti à un rapport , dont nous avons connaissance. |
Durant le mois de décembre 2007 et au début du mois de janvier 2008, les travaux indispensables de suppression des arbres dangereux se poursuivaient. Jusqu'à la mi-janvier, ils correspondaient grosso-modo à ce que nous avions convenu avec la commune et les arbres qui devaient rester debout étaient toujours en place. | |
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Puis, à partir de la mi-janvier 2008, de lourds engins sont entrés sur le terrain. Parfaitement inadaptés aux lieux ils ont creusés d'importantes ornières. Le tassement du sol provoqué étant de nature à nuire à la préservation des arbres encore préservés. De nouvelles coupes d'arbres - de ceux qui devaient être conservés - ont été faites ; sans déclaration préalable de coupe, comme il se doit dans un Espace Boisé Classé au titre de l'article L130-1 du Code de l'Urbanisme. |
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Les stations de Tulipes n'étaient pas toutes balisées et protégées, les travaux les endommageaient au moins partiellement. |
Un autre emplacement avec des Tulipes au pied d'un arbre, les travaux n'ont pas suffisamment tenu compte de leur présence et en ont détruit une partie. Deux stations, repérées en avril 2007, de cette espèce protégée ont disparu avec les travaux. |
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Notre page sur la flore
protégée (accueil, puis "les espèces
protégées") rappelle les sanctions
prévues par la loi pour la destruction volontaire
d'espèces protégées : un an
d'emprisonnement et 15.000 € d'amende.
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L'allée de Marronniers devrait - et pourrait - être rectiligne pour accompagner le caractère du paysagement du parc de La Doutre, le coude qui lui est pour le moment donné nous parait en diminuer la qualité. |
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Du côté de la rue du Lavoir un trop-plein d'eaux usées vient régulièrement polluer les bassins. |
Le ru de la Ménagerie transporte aussi parfois des pollutions qui nuisent à la qualité des lieux. En outre les bassins sont très envasés, des analyses sont en cours pour connaître la composition des boues qui pourraient être polluées. |
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Sur la base de ce plan communiqué par la commune, qui repère en rouge les arbres à abattre ; et donc en vert ceux qui sont à conserver, nous avons relevé les arbres qui avaient finalement été préservés. | |
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Finalement ce sont tous les arbres que nous avons repérés en rouge sur le plan ci-dessous qui ont été abattus. | |
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La coupe d'arbres en Espace
Boisé Classé du Plan d'Occupation des Sols
sans déclaration préalable expose ses auteurs
à une amende comprise entre 1.200 € et 300.000 €
(article L480-4 du Code de l'Urbanisme).
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Le 24 janvier 2008, à l'occasion des premiers signes du printemps, le R.E.N.A.R.D. repérait de nouvelles stations de Tulipes. Les emplacements en ont été repérés par coordonnées G.P.S., et communiqués aussitôt aux services de la commune. | |
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Nous ne comprenons pas pourquoi M. le Maire nous a fait interdire, le 21 février, l'accès au parc de la Doutre, alors que nous étions en compagnie des services de la commune pour repérer et définir les stations de Tulipes à protéger ? Mais il serait encore possible
de définir ensemble des mesures de mise en valeur et
de protection de cette partie du parc du château de La
Doutre, et de prendre les mesures correctives
nécessaires, tant pour le patrimoine arboré
que pour les Tulipes protégées qui s'y
trouvent et constituent un patrimoine dont la
préservation est d'intérêt
général. Nous sommes prêts à
participer à la définition de ces
mesures.
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Le 5 mars 2008 il s'est tenu une réunion entre les élus et services de la commune d'Ozoir-la-Ferrière, les services de l'Etat D.D.A.F. (Direction Départementale de l'Agriculture et de la Forêt) et le R.E.N.A.R.D..
"...La Tulipe sauvage est présente et protégée par la loi, les 11 stations devront être protégées par une barrière avec l'explication des motifs de cette protection... Les 7 Tilleuls le long de l'avenue du Général de Gaulle sont dangereux... L'aménagement définitif du parc de la Doutre fera l'objet d'un diagnostic dans le cadre de l'Agenda 21 engagé par la commune... L'agenda 21 permet de
prévoir des actions et aménagements pour le
21ème siècle, pour la biodiversité et
le développement durable. C'est une démarche
participative à laquelle les associations, dont le
R.E.N.A.R.D., et les habitants sont
associés.
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Au début du mois d'avril des Tulipes ont fleuri, dans quelques stations. Les protections ont été posées à ce moment. Le repérage des stations s'est poursuivi. |
Le R.E.N.A.R.D. a rédigé l'affiche explicative convenue lors de la réunion du 5 mars 2008, a envoyé le projet le 14 avril 2008 à la commune. Elle a été posée, par le R.E.N.A.R.D., aux entrées du parc de la Doutre. |
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Les informations des affiches seront complétées par cette explication placée sur chacune des stations de Tulipes, qu'elles aient fleuri cette année ou pas. |
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Tout bon jardinier amateur sait
qu'il est nécessaire de laisser les feuilles des plantes à bulbes après
la floraison, jusqu'à ce qu'elles se fanent. Il faut en effet
reconstituer les réserves des bulbes qui viennent de fleurir pour
assurer leur conservation.
Pour la seconde fois, le feuilles des tulipes sauvages protégées ont été fauchées après la floraison. On
voit ici la fauche totale réalisée dans les partie entourées où se
trouvent les tulipes protégées ; alors qu'on observe à droite les
autres plantes à bulbes, horticoles et non protégées, auxquelles on a laissé
leurs feuilles ?
Comme le disait pourtant Ozoir-magazine de mai 2012, en parlant de la gestion du parc de la Doutre : "il s'agit de diversifier et d'aménager des milieux favorables à la ... flore sauvage ...".
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Les feuilles ont été fauchées en mai |
Cette
gestion anormale des tulipes protégées à amené l'Etat à envoyer
au Maire d'Ozoir-la-Ferrière une lettre de rappel à la loi que vous
pouvez lire en cliquant ici : |
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Ozoir-magazine de mai 2012, en parlant de la gestion du parc de la Doutre, disait aussi : "il s'agit aussi de diversifier les milieux favorables à la flore et à la faune sauvages... comme un mur en pierres sèches...". Les murs, dont ceux qui isolaient le parc de la Doutre du bruit de la circulation automobile, ont pourtant été en grande partie démolis, pour réaliser quelques places de parking dans cet espace naturel ? |
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Quelle flore et quelle faune sur les vieux murs ?
Les
vieux murs, à condition de ne pas cimenter les espaces entre les
pierres, accueillent une flore et une faune diversifiées, avec certaines
espèces protégées comme le lézard des murailles (Podarcis muralis).
On y trouve aussi, des fougères, comme le polypode, la rue des murailles, le cétérach, les capillaires, des orpins, des sédums des graminées telles que le brome stérile, ou encore les pariétaires, la linaire cymbalaire, la chélidoine, sans compter des mousses et lichens, des coléoptères, des gastéropodes ... Vous avez compris, les vieux murs sont des réservoirs de biodiversité qui abritent une faune et une flore spécifiques. |
Le vieux mur du parking de l'église avant son "nettoyage" |
Et
puis une vingtaine de places de parking ont été réalisées, dans le parc
de la Doutre, en zone N du P.L.U., après destruction du vieux
mur, alors que le rapport de présentation indique bien (page 178), sous
la rubrique divers travaux et installations : "aire de stationnement : interdit" ? (chacun peut vérifier ceci en lisant le P.L.U. disponible sur le site internet de la commune : ). |
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N.B. : Si des erreurs nous sont
signalées dans cette description, qui, pour se
vouloir simplifiée se veut aussi la plus exacte
possible, nous les retoucherons, si elles le
nécessitent. La description faite ci-dessus se fonde
sur les documents en notre possession et les observations
que nous avons réalisées.
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Le R.E.N.A.R.D. travaille pour
des espaces naturels préservés, accessibles
à tous, pour votre agrément, pour la
biodiversité, pour le développement durable,
en acceptant ce qui est nécessaire aux besoins des
habitants.
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Remonter en haut de la page pour la description du parc |